Le lotus bleu n'est pas un lotus : ce qu'est vraiment Nymphaea caerulea
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Commençons par le nom, parce qu'il est faux. Le lotus bleu d'Égypte, Nymphaea caerulea, n'est pas un lotus. C'est un nénuphar. Le vrai lotus, celui de l'Inde et de l'iconographie bouddhiste, est Nelumbo nucifera, et il appartient à une autre famille botanique : les Nelumbonacées, quand le lotus bleu est une Nymphéacée. Les deux ne sont pas cousins, ils se ressemblent de loin.
Comment les distinguer sur le terrain
Un seul critère suffit, et il est visible à trois mètres : regardez les feuilles.
Chez le nénuphar, elles flottent à plat sur l'eau, avec une fente qui va du bord au centre, là où s'attache le pétiole. Chez le lotus, elles sont portées au-dessus de la surface sur une tige dressée, rondes et sans fente, et l'eau perle dessus sans les mouiller, au point qu'on a donné son nom à cette propriété : l'effet lotus.
Second indice, le fruit. Le lotus produit ce réceptacle conique percé d'alvéoles que l'on voit dans les compositions florales séchées. Le nénuphar n'en fait pas : son fruit mûrit sous l'eau et se désagrège.
Pourquoi il est partout dans l'art égyptien
Peu de plantes sont aussi représentées. On la retrouve sur les peintures de tombeaux, sur les chapiteaux des colonnes, dans les mains des banqueteurs, autour du cou des momies. Tout vient de son rythme quotidien.
La fleur s'ouvre en fin de matinée et se referme au début de l'après-midi, trois ou quatre jours de suite. Pour les Égyptiens, cette ouverture et cette fermeture réglées sur la course du soleil faisaient de la fleur l'image de la renaissance quotidienne de l'astre, et par extension de la renaissance du défunt. Elle est associée à Néfertoum, divinité que les textes présentent comme le lotus né des eaux primordiales.
Elle est aussi fortement parfumée, ce qui n'a rien d'accessoire dans une culture où le parfum et le divin étaient liés.
À quoi elle ressemble
Des pétales bleu pâle à mauve, étroits et pointus, disposés en étoile autour d'un cœur jaune vif dense en étamines. Ce sont ces étamines que l'on retrouve intactes dans nos fleurs séchées entières, ce qui n'est pas si courant : le séchage en vrac les fait souvent tomber.
Le feuillage est vert franc dessus, souvent maculé de pourpre dessous, avec un bord légèrement ondulé.
La cultiver sous nos climats
C'est un nénuphar tropical, et c'est toute la différence avec les nénuphars rustiques des bassins de jardin. Il part d'un tubercule et demande une eau à 20 à 25 °C pour végéter et fleurir : en dessous de 18 °C, il stagne.
Trois conduites possibles. En bassin, il se traite comme une annuelle, planté en juin quand l'eau est chaude et perdu à l'automne. En bac hors sol ou en cuve au soleil, l'eau chauffe plus vite et le résultat est bien meilleur. En serre, il peut être conservé d'une année sur l'autre, en sortant le tubercule à l'automne pour le stocker au frais et à l'humide, hors gel.
Plantez le tubercule dans un panier rempli de terre lourde, sans terreau qui flotterait, et immergez sous 20 à 40 cm d'eau. Plein soleil, eau calme : il n'aime ni l'ombre ni le courant. Notre bulbe vivant est vendu pour cet usage.
Est-ce que le lotus bleu est légal en France ?
C'est une question qui revient souvent, alors autant y répondre sobrement. Nymphaea caerulea ne figure pas sur la liste française des substances classées comme stupéfiants. Sa commercialisation comme matière végétale de collection et plante d'ornement est donc licite, et c'est à ce titre, et à ce titre seulement, que nous la proposons : nos fleurs séchées ne sont pas un produit alimentaire, et nous ne communiquons ni dosage, ni mode de préparation, ni effet attendu.
Deux précisions utiles. Le statut diffère selon les pays : si vous commandez depuis l'étranger, vérifiez la réglementation locale, qui peut être plus restrictive. Et une réglementation peut évoluer : ce paragraphe décrit l'état du droit français à la date de publication de cet article.
Ce que nous proposons
- Les fleurs séchées entières avec étamines, matière végétale de collection
- Le bulbe vivant, à planter en bassin, en bac ou en serre
Les deux figurent dans notre herboristerie et notre collection de plantes rituelles, aux côtés d'autres espèces que le folklore et les religions ont chargées de sens : la mandragore, le calea, la sauge blanche.